Quand je dois “prendre une décision”, ma première réaction est souvent la peur, je deviens très identifiée, et je perds la présence.
Je devais prendre une décision récemment, et je voyais les mêmes vieilles attitudes prendre place ; je me voyais tirée hors de moi-même par l’identification avec la décision à prendre, et je commençais à sentir la négativité qui généralement y est associée.
Je me suis rappelée alors combien d’énergie je perds dans ces prises de décisions, et “j”’ai décidé cette fois, d’expérimenter une nouvelle manière de traiter avec la situation, en plaçant la présence en premier, quoiqu’il en coûte.
C’est comme si je tournais le un volant dans la direction opposée à l’identification. J’ai vu alors qu’il y avait une triade et que cette triade était en train de changer: ce n’étaient plus deux forces s’opposant, mais trois forces s’équilibrant. Et ce qui contrôlait auparavant la situation (la peur), était toujours là, mais était maintenant à sa juste place, tandis que mon but de mettre en premier la présence contrôlait maintenant la situation.
Mais cette triade n’était pas statique; la peur revenait tout le temps et je devais sans cesse réajuster la situation, en visualisant la triade correcte.
Le résultat fut surprenant pour moi : je n’avais pas « fait » grand-chose dans la prise de décision, et la situation s’est résolue d’elle-même.
Cela m’a donné l’opportunité de comprendre un peu plus ce qui est appelé “la pièce” de notre vie. Notre rôle n’est pas tant de “faire” des choses ou de “lutter contre” nos faiblesses, que d’essayer de créer en nous une triade correcte, en utilisant tout ce qui nous est donné.

« Si vous avez une émotion négative persistante, et que, en utilisant correctement votre pensée, vous la reliez au rappel de soi, alors, après quelque temps, elle aidera le rappel de soi ; puis, après quelque temps encore, si vous persistez, l’émotion disparaitra. Ces émotions peuvent donc servir un but utile, si vous les utilisez ; mais si vous vous identifiez avec elles, elles n’apportent rien de bon. »
« Dans la pensée ordinaire, nous réalisons qu’il existe deux forces – action et réaction. Mais dans cet état de conscience, nous ne voyons pas qu’il y a toujours trois forces dans chaque évènement, dans chaque phénomène, et que seule une conjonction de ces trois forces peut produire un évènement. » – P.D. Ouspensky, la Quatrième Voie