Armelle est une nouvelle contribution à ggurdjieff.fr qui sera publié des articles mensuels.

Qu’est ce que je fais ici? Quel est le sens de la vie ?
Telles sont les questions qui revenaient régulièrement.
Ces questions étaient déjà là, sous-jacentes, informulées, depuis l’enfance, mais elles étaientsoigneusement étouffées : il y a avait quelque chose de secret, de dangereux. Alors, il fallait vivre comme tout le monde.
J’étudiais à l’université quand ces questions ressurgirent, et j’essayais de trouver une réponse dans toute cette connaissance que je recevais de la part des enseignants les meilleurs que j’aurais pu souhaiter.
Je réalisais que je remplissais mon intellect de connaissances et de mots, que j’étais dans un milieu protégé,  mais que je ne connaissais pas la vie réelle, et que je ne me connaissais pas moi-même.
Un jour, j’ai fermé mes livres et je suis devenue institutrice.  Mes connaissances livresques et mes belles idées étaient mises à rude épreuves, spécialement lorsque je me trouvais confrontée à la dureréalité de et aux conflits sociaux, culturels et religieux de certaines banlieues autour de Paris.
Je me sentais proche des enfants. Ils posaient souvent de vraies questions. Mais je ne pouvais souvent rien leur répondre, si je voulais être honnête. Je n’aurais fait que répéter des formules apprises, et que je n’avais pas vérifiées.
Quand je rentais chez  moi, à la fin de la journée, j’avais l’impression d’ôter un masque et de pouvoir enfin être moi-même.
La vie m’apparaissait comme tracée d’avance, avec un rôle social, une carrière, une famille, etc … et au bout la mort, dont personne ne parlait.
Je refusais de prendre cette route, à moins d’en comprendre le sens. Il devait bien y avoir quelque part une explication à tout cela ?
J’ai essayé de retourner vers la religion catholique qui avait nourri mon enfance. Mais je ne pouvais plus « croire », j’avais trop étudié.
Je me suis mise à pratiquer les médecines douces, le massage, la méditation, la psychothérapie, pour trouver par le corps et les émotions ce que ma tête ne pouvait comprendre.
Tout ceci était très intéressant, mais je me sentais morcelée; il n’y avait pas de lien entre tous ces enseignements, aucun ne pouvait tout expliquer. Il manquait toujours quelque chose.
Je n’arrivais pas à trouver quelqu’un qui réellement « sache ». La vie était devenue terne et sans but.
C’est dans cet état d’esprit que je parlais un jour avec un ami proche. Je l’avais vu changer depuis quelque temps. Il semblait connaitre quelque chose que je ne connaissais pas.
Je me suis entendue lui poser cette question : « Sais-tu pourquoi la Bible parle des anges ? Est-cequ’ils existent ? »
Il répondit très posément : «  Oui, les anges  existent ; ce sont des êtres humains qui ont évolué ».
A ce moment, ce fut comme si le ciel s’ouvrait sur une autre dimension. Je sus que c’était vrai. Il y avait une évolution possible et c’était là le sens de la vie.
J’ai emprunté des livres, en commençant par l’Homme Nouveau de Maurice Nicoll : c’était le lien  ésotérique avec mon éducation religieuse.
J’ai découvert pour la première fois le mot : « rappel de soi »  dans  Conscience, la Recherche de la Vérité, d’Ouspensky. C’était la pierre angulaire qui manquait. Tellement simple et tellementprofond en même temps. Tout prenait sens. La réponse était là, à l’intérieur, pas au dehors.

« Voici le point important dans le travail sur soi. Si l’on réalise que toutes les difficultés proviennent du fait que l’on ne se rappelle pas soi-même, on sait alors ce qu’il nous reste à faire. On doit essayer de se rappeler soi-même. » P.D. Ouspensky

En lisant Fragments d’un Enseignement Inconnu, j’ai découvert Mr Gurdjieff: ce qu’il disait étaitbien plus que des mots, c’était un vrai travail sur l’être.

« Le savoir par lui-même ne donne pas la compréhension. Et la compréhension ne saurait être augmentée par un accroissement du seul savoir. La compréhension dépend de la relation du savoir à l’être. La compréhension est la résultante du savoir et de l’être.» – Gurdjieff