Qu’est-ce que je fais quand je me surprends à être endormi ?

Asaf Braverman

Est-ce que je me persuade que j’étais éveillé ? Est-ce que je commente mon observation en disant “oh là là”, ou en me grattant la tête qui soudain me démange ou en soulageant ma gêne par un petit rire sympathique ? “L’homme qui se ment à soi-même,” fit remarquer Gurdjieff, “considère que même ses actions les plus machinales sont voulues et conscientes et qu’il possède un “Moi” unifié, permanent et unique.”

Étais-je délibérément rêveur, délibérément négatif, délibérément identifié ? Ou ai-je réagi par habitude ?

Au moment où je me surprends à être endormi, j’ai le choix : je peux soit prétendre que ce que je viens de voir était voulu, soit reconnaître que c’était involontaire. Si je choisis une excuse, j’ai alors gaspillé une authentique occasion de m’éveiller. Si je reconnais que j’étais endormi, j’ai alors accueilli un moment de conscience de soi.

Gurdjieff-Pyramid-fr-3StepsLa prise de conscience du sommeil est une étincelle. Les excuses étouffent cette étincelle. Admettre le sommeil attise la flamme. L’admettre, c’est réellement “faire”, dans la mesure où c’est une étape importante vers la capacité à “être” ; c’est pourquoi le bloc à la base de notre pyramide s’appelle la “prise de conscience”.

Prendre conscience de sa propre mécanicité génère de l’insatisfaction. Pour une fois, mon centre émotionnel connaît, non pas une émotion négative, mais un désir sincère de changer, de mieux faire la prochaine fois dans ce domaine — d’“Être”. Plus mon insatisfaction est forte, plus je serai émotionnel dans la poursuite de mon but et plus d’efforts j’y consacrerai.

Avec les réactions habituelles d’un côté, les réponses conscientes de l’autre et au-dessus un but croissant d’“Être”, je crée un triangle intérieur qui symbolise l’Être d’un Homme numéro 4.

“La création d’un troisième principe, principe permanent, est pour l’homme la transformation de la dualité en trinité.” – Georges Gurdjieff